Dans les agroécosystèmes, la cohabitation entre le renard (prédateur généraliste) et le rat taupier (rongeur fouisseur, souvent appelé campagnol terrestre) pose une question centrale : la présence du renard suffit-elle à réguler le rat taupier sans recourir aux méthodes de lutte destructrices pour le vivant ? Autrement dit, le renard est-il un “auxiliaire” fiable, ou seulement un acteur parmi d’autres dans une chaîne écologique complexe ?
Faits écologiques et enjeux agronomiques
Le rat taupier peut provoquer des pertes importantes en prairies et vergers, en consommant racines et collets, et en déstructurant localement l’implantation des plantes. Ses populations peuvent connaître des pullulations cycliques, rendant les dégâts très variables selon les années. Le renard, lui, consomme des micromammifères, mais aussi des insectes, des fruits et des charognes : son régime opportuniste dépend fortement de l’abondance des proies et du paysage.
A 2 000 campagnols/an, le renard est :
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un régulateur majeur
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gratuit
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auto-ajusté (plus de proies → plus de prédation)
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bien plus durable que le poison (qui détruit aussi rapaces, chiens, sols…)
👉 protéger le renard + rapaces a un impact réel sur la pression des rats taupiers.
Réponses connues en permaculture et agroécologie
En approche permaculturelle, l’objectif est de créer des conditions favorables à une régulation multi-prédateurs plutôt qu’un contrôle “mono-espèce”. Le renard peut contribuer à la pression de prédation, surtout en mosaïque paysagère (haies, lisières, bandes enherbées) qui facilite ses déplacements. Mais l’équilibre repose aussi sur d’autres prédateurs (rapaces, mustélidés) et sur la réduction des facteurs de pullulation : prairies très homogènes, absence de refuges pour les prédateurs, forte disponibilité alimentaire.
Ainsi, la stratégie agroécologique privilégie la diversification des habitats, la protection des haies, l’installation de perchoirs à rapaces et le maintien d’une couverture végétale gérée, afin de rendre la régulation plus stable et moins dépendante d’un seul acteur, même aussi utile que le renard.