Quand on parle de jardin naturel, de jardin-forêt ou de permaculture, l’idée d’utiliser du plastique au potager est rarement enthousiasmante. Mon intention initiale était simple : installer un carré de fraisiers avec du paillage organique, du sol vivant et un minimum d’intervention.

Sur le papier, cela fonctionne très bien.

Dans la réalité de mon terrain, c’est plus compliqué.

L’année dernière j’avais paillé environ 5cm et planté des fraisiers en racine nue dans la terre a travers le paillage. Mais les ronces, le lierre et le chèvrefeuille ont décimé les deux tiers des plants, malgré quelques actions de désherbage.

La ou ca a marché c’est sur la langue potagère mais j’avais mis 40cm de foin + 10 cm de terre + un couche de foin + une couche de fumier + une couche de terre.

La zone que je veux transformer en carré de fraisiers est dominée par deux plantes particulièrement vigoureuses : les ronces et le lierre. Ces espèces ne se comportent pas comme des herbes annuelles que l’on bloque facilement avec un paillage de feuilles ou de broyat.

Les ronces produisent des tiges ligneusesLes ligneuses sont des plantes pérennes qui se caractérisent par leur tige principale en bois, comme les arbres et les arbustes. Elles sont présentes dans diverses zones de randonnée. capables de traverser un paillage épais. Le lierre, lui, progresse autrement : il rampe sous la matière organique avant de ressortir plus loin, souvent exactement au pied des plantations.

Autrement dit, un simple paillage — même très généreux — ne garantit pas la tranquillité d’une nouvelle plantation de fraisiers.

Face à cette pression végétale, j’ai donc dû envisager une solution que je préfère normalement éviter : la toile de paillage tissée en polypropylène.

Il existe plusieurs types de toiles. Les plus fines, souvent non-tissées, sont légères et peu chères mais se déchirent facilement et résistent mal aux plantes vivaces agressives. Dans un terrain envahi de ronces, elles ne dureraient probablement qu’une saison.

La solution la plus raisonnable est une toile tissée autour de 100 g/m². Ce grammage offre un compromis acceptable : assez solide pour bloquer les repousses, sans multiplier inutilement la quantité de plastique.

Pour mon projet, la surface totale prévue est d’environ 30 m².

Avec une toile de ce type, cela représente environ 3 kg de matière plastique. La fabrication du polypropylène émet approximativement 2 à 3 kg de CO₂ par kilogramme produit, ce qui donne une empreinte estimée entre 6 et 11 kg de CO₂ équivalent.

Dit autrement, c’est l’équivalent d’environ 30 à 60 kilomètres parcourus en voiture essence.

Ce n’est évidemment pas neutre. Mais si cette toile permet d’installer durablement une production de fraises et d’empêcher les ronces de reprendre le dessus pendant plusieurs années, l’impact reste relativement limité.

La toile n’est pas envisagée comme un équipement permanent. C’est plutôt un outil d’installation, destiné à aider le jardin à franchir une étape.

Dans la deuxième partie, j’explique comment ce carré de 30 m² va être organisé, combien de fraisiers il peut accueillir, et comment la toile sera utilisée de façon la plus sobre possible.

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Eric le Permapassionné

Eric est l'auteur du site Permapassion. Il pratique la permaculture comme une relation au lieu et au temps long. Dans son Jardin-Forêt niché au bord d'une rivière en moyenne montagne, il entretient un écosystème nourricier mêlant verger, sol vivant et pratiques low-tech. Sa démarche vise une autonomie progressive — alimentaire, énergétique et matérielle — sans recherche de performance ni de modèle idéal, mais avec une attention constante portée au climat, aux saisons et à la réalité du terrain.

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