Oui, recouvrir le fond d’un trou avec de l’argile peut aider à ralentir les pertes d’eau, mais ce n’est pas la méthode la plus fiable si l’on veut une mare durable. Pour une “mare d’infiltrationDans le domaine de l'hydrologie en permaculture, l'infiltration désigne le processus naturel par lequel l'eau de pluie entre dans le sol. Celle-ci nourrit les plantes et recharge les nappes phréatiques.” (qui garde un peu d’eau puis laisse pénétrer progressivement), l’objectif est plutôt de créer une cuvette qui se recharge vite après la pluie et qui se vide lentement, sans disparaître en quelques heures. La solution centrale est donc de combiner une forme adaptée, une zone partiellement argileuse et des matériaux qui freinent l’infiltration sans bloquer totalement. On obtient ainsi une mare utile à la biodiversité et compatible avec l’infiltration dans le sol.
Argile au fond : ce que ça fait réellement
L’argile ralentit l’eau parce que ses particules très fines se tassent et réduisent la taille des pores par lesquels l’eau s’infiltre. Si elle est bien compactée et maintenue humide, elle peut former une couche relativement étanche, surtout sur un sol déjà un peu argileux. En revanche, sur un sol très sableux, très caillouteux ou traversé par des fissures, l’eau trouve des chemins préférentiels et la “barrière” d’argile ne suffit pas. Le gel, la sécheresse et les racines peuvent aussi fissurer une couche trop fine, ce qui accélère à nouveau les pertes. La masse d’eau et la masse du sol jouent également : une petite mare peu profonde chauffe, s’évapore et se vide plus vite qu’une cuvette plus large avec des pentes douces. Enfin, la végétation et la ventilation (exposition au vent) influencent l’évaporation : plus c’est exposé, plus la mare “perd” de l’eau même si l’infiltration est ralentie.
Faire une mare “qui infiltre doucement” : méthode simple en étapes
- Choisir un endroit qui reçoit naturellement l’eau : bas de pente, sortie de gouttière dirigée vers une noue, ou zone où l’eau stagne déjà après pluie.
- Creuser une cuvette large plutôt que profonde : une zone très peu profonde (5–15 cm) plus une zone un peu plus profonde (25–50 cm) pour garder de l’eau plus longtemps après les pluies.
- Prévoir des pentes douces : elles limitent l’érosion, facilitent la colonisation par les plantes et stabilisent la berge.
- Tester l’infiltration avant d’argiler : remplir d’eau et observer. Si le niveau baisse de plusieurs centimètres par heure, il faudra vraiment freiner (argile compactée plus épaisse ou autre solution).
- Si vous utilisez de l’argile, viser une vraie couche fonctionnelle : retirer pierres et racines, poser 10 à 20 cm d’argile, puis compacter par couches (piétinement, rouleau, dame) en gardant l’argile légèrement humide.
- Ne pas chercher l’étanchéité totale : laisser une zone “sans argile” ou plus mince sur un côté ou au fond d’une petite rigole interne, pour que l’eau s’infiltre progressivement quand le niveau est haut.
- Protéger la couche d’argile : ajouter 5 à 10 cm de sable ou de terre fine, puis des feuilles mortes ou un peu de paille, afin d’éviter le dessèchement et les fissures en été.
- Créer un trop-plein sécurisé : une petite sortie stabilisée (pierres, gazon dense) vers une zone d’infiltration (noue, massif) pour éviter qu’un gros orage n’arrache les berges.
- Laisser la mare se “roder” : les particules fines se déposent, la micro-vie colmate partiellement, et la tenue de l’eau s’améliore souvent après quelques épisodes pluvieux.
- Éviter les erreurs courantes : bâche percée par des cailloux, argile trop fine non compactée, berges trop raides, ou mare trop exposée au vent et au soleil sans zone plus profonde.
Recouvrir le fond d’argile est utile si la couche est épaisse et compactée, mais ce n’est fiable que si le sol et la forme de la mare s’y prêtent.
Pour une mare d’infiltration, cherchez surtout à ralentir l’eau : cuvette large, pentes douces, zone plus profonde.
Un bon trop-plein et une protection anti-fissures rendent l’ensemble plus stable et plus serein au quotidien.