Pour bien stocker son bois, l’essentiel est simple : le garder au sec par le dessus, aéré sur les côtés, et décollé du sol. La plupart des problèmes (bois qui moisit, qui re-humidifie ou qui brûle mal) viennent d’un stockage trop fermé ou posé directement sur la terre. Visez un empilement stable, sous un abri ventilé, avec une couverture qui protège de la pluie sans emprisonner l’humidité. En climat tempéré, ces quelques réglages suffisent à conserver un bois propre et performant.
Pourquoi le bois se dégrade au stockage : humidité, inertie et ventilation
Le bois n’aime pas l’humidité stagnante : quand l’air circule mal, la vapeur d’eau reste piégée entre les bûches et favorise moisissures et reprise d’humidité. Le sol est souvent la principale source de problème : remontées capillaires, éclaboussures de pluie, condensation au contact d’une masse froide. La “masse” du tas joue aussi : un gros volume garde une certaine inertie, ce qui peut ralentir le séchage si l’extérieur est fermé ou si le tas est collé contre un mur humide. La pluie est moins gênante que l’eau qui reste : un dessus bien protégé et des côtés ouverts sèchent mieux qu’un tas entièrement bâché. Enfin, une mauvaise orientation (zone ombragée, vent bloqué) réduit la ventilation naturelle et prolonge l’humidité résiduelle, surtout en intersaison.
Erreurs à éviter et corrections simples, étape par étape
- Erreur : poser le bois directement sur la terre ou l’herbe.
Correction : surélever avec des palettes, des chevrons, des parpaings, ou un caillebotis, en gardant quelques centimètres d’air sous le tas. - Erreur : bâcher complètement le tas (effet “serre” et condensation).
Correction : ne protéger que le dessus, avec une tôle, une planche, ou une bâche tendue en toit, en laissant les côtés ouverts. - Erreur : coller le bois contre un mur (humidité et manque d’air).
Correction : laisser un espace d’au moins 10 à 20 cm entre le tas et le mur pour que l’air circule. - Erreur : stocker dans un endroit fermé et peu ventilé (garage, cabanon sans ouvertures).
Correction : privilégier un abri aéré, ou ouvrir largement (grilles, claire-voie, porte entrouverte) tant que le bois n’est pas parfaitement sec. - Erreur : empiler trop serré, sans “chemin” pour l’air.
Correction : empiler proprement mais sans comprimer, en croisant légèrement aux extrémités si besoin de stabilité, et en évitant de bourrer les vides. - Erreur : laisser le bois sous les gouttières ou là où l’eau ruisselle.
Correction : déplacer le stock hors des zones d’éclaboussures et prévoir un débord de toit suffisant au-dessus du tas. - Erreur : mélanger bois très humide et bois déjà sec dans le même tas.
Correction : séparer en deux zones : “séchage” (plus exposé et ventilé) et “prêt à brûler” (protégé et facile d’accès). - Erreur : oublier la stabilité (tas qui se déforme, bûches qui tombent).
Correction : faire une base plane, aligner les rangs, limiter la hauteur si le support est irrégulier, et sécuriser les extrémités. - Erreur : rentrer trop tôt beaucoup de bois “pour le protéger”.
Correction : garder dehors sous abri ventilé, puis ne rentrer à l’intérieur qu’une petite quantité pour 2 à 7 jours, le temps de la mise en température. - Erreur : stocker à l’ombre dense et humide (haies épaisses, sous des conifères).
Correction : choisir un endroit lumineux et ventilé, même si le soleil direct n’est pas constant, l’important étant le passage d’air.
Un bon stockage évite surtout l’humidité piégée et les re-mouillages.
Décoller du sol, protéger le dessus, laisser les côtés respirer.
Séparer bois en séchage et bois prêt à l’usage pour garder un combustible régulier et propre.