Le froid radiatif, c’est le gel des nuits calmes et dégagées où les surfaces (sol, herbe, pots, bâches) perdent leur chaleur vers le ciel et deviennent plus froides que l’air.
Résultat : il peut geler au ras du sol alors que le thermomètre affiche encore +1 à +2 °C plus haut.
La solution centrale est simple : réduire la “vue du ciel” au-dessus des cultures (voile, auvent, couvert) et augmenter l’inertie/isolant autour des zones sensibles.
C’est souvent plus efficace que de “chauffer”.
Pourquoi ça gèle alors que l’air n’est pas si froid ?
Par ciel clair, le sol et tout ce qui est exposé rayonnent leur chaleur vers le ciel, qui se comporte comme une grande “surface froide”.
Sans vent, cette perte n’est pas compensée par un mélange d’air plus doux : la couche d’air au contact du sol se refroidit, et les surfaces passent sous 0 °C en premier.
C’est pour cela que le givre se voit surtout sur l’herbe courte, les bâches, les toits, les bacs plastiques et les planchesLes "planches" en contexte de cultures potagères se réfèrent aux zones longues et étroites de terre cultivable où poussent les légumes et autres plantes comestibles. de culture bien “à découvert”.
L’humidité joue aussi : une surface humide givre plus facilement, et le givre apparaît souvent en plaques. La masse compte beaucoup : un gros bac, une pierre, un mur stockent de la chaleur et refroidissent plus lentement qu’un petit pot ou un plastique mince. Enfin, l’air froid s’écoule et s’accumule dans les cuvettes et fonds de vallée, comme de l’eau, augmentant le risque localement.
Que faire concrètement au jardin (gestes simples et low-tech)
Repérer les nuits à risque : ciel clair, pas de vent, et une température annoncée proche de 0 à 3 °C, surtout au printemps et en automne.
Identifier les zones “pièges” : bas du terrain, cuvettes, pelouses rases, bacs isolés au milieu d’un espace ouvert, zones très exposées au ciel.
Mettre un “plafond” au-dessus des cultures fragiles en fin de journée : voile d’hivernage, drap, cagette + tissu, tunnel, auvent, même une simple bâche tendue (sans toucher les feuilles si possible).
Privilégier une couverture qui casse la vue du ciel plutôt qu’un emballage serré : l’objectif est de limiter le rayonnement, pas d’étouffer la plante.
Ajouter de l’isolant sec au pied et autour des contenants : paille sèche, carton, journaux, voile plié, plaques de polystyrène sous les pots, surtout pour les bacs plastiques qui perdent vite leur chaleur.
Augmenter la masse thermique là où c’est possible : rapprocher des pots d’un mur, ajouter des pierres, ou placer un bidon d’eau près d’une zone sensible (la masse ralentit la chute de température).
Éviter l’arrosage tardif les soirs à risque : une surface humide favorise le givre et refroidit plus vite ; arroser plutôt le matin après une nuit froide annoncée.
Surélever et regrouper les pots : un pot isolé “voit” le ciel de tous côtés et refroidit vite ; plusieurs pots regroupés et un support isolant réduisent les pertes.
Le lendemain, retirer ou entrouvrir la protection dès que l’air se réchauffe : on garde la protection pour la nuit, mais on évite l’excès d’humidité et la surchauffe au soleil.