Oui, enterrer des déchets de cuisine dans un trou peut nourrir des vers de terre et donner un compost utilisable, mais ce n’est pas un “lombricompostLe lombricompost est un compost naturel et riche en nutriments obtenu par la décomposition de matières organiques par des vers de terre, idéal pour le sol vivant.” au sens strict (comme dans un lombricomposteur). La solution la plus fiable est de faire une petite fosse à compost “enterrée”, bien gérée : déchets adaptés, humidité régulière, couverture, et apports fractionnés. Comme le trou sera abrité, c’est un avantage pour éviter le lessivage par la pluie, à condition de compenser en humidifiant quand c’est sec. Avec ces réglages, vous obtiendrez une matière sombre et grumeleuse en quelques mois, et surtout un sol plus vivant autour.
Pourquoi ça marche (et pourquoi ce n’est pas exactement du lombricompost)
Dans un trou, la décomposition est faite par une chaîne d’organismes : bactéries et champignons au départ, puis microfauneLa microfaune désigne l'ensemble des petits organismes vivant dans le sol, souvent invisibles à l'œil nu, qui jouent un rôle crucial dans la décomposition et le recyclage de la matière organique., cloportes, collemboles, et vers de terre quand la matière a déjà commencé à “pré-digérer”. Les lombrics n’aiment pas les déchets frais en fermentation (trop acides, trop chauds, manque d’oxygène) : ils arrivent surtout quand le milieu est aéré, humide, et que la température est stable. Le trou apporte de l’inertie thermique (moins de variations) et limite le dessèchement, mais il peut aussi manquer d’oxygène si les apports sont trop compacts. La masse du bac n’existe pas ici : c’est le sol qui régule, mais si le trou est trop profond ou saturé d’eau, on bascule vers une décomposition lente et odorante. Le fait qu’il soit abrité réduit l’excès d’eau, ce qui favorise une décomposition plus saine, à condition de garder une humidité “éponge essorée”.
Comment faire concrètement, sans odeurs et avec des vers
- Choisir un endroit hors passage, à distance des fondations, et idéalement à 30–50 cm d’un massif ou d’un futur emplacement de plantation.
- Creuser un trou plutôt large que profond : environ 30 à 40 cm de profondeur, 30 à 50 cm de diamètre, pour garder de l’air et éviter une zone anaérobie au fond.
- Mettre au fond une couche de matière sèche et grossière (feuilles mortes, brindilles fines, carton brun déchiré) pour créer des vides d’air.
- Ajouter les déchets de cuisine en petites quantités, et les couper grossièrement si possible (ça accélère et limite la fermentation).
- À chaque apport, recouvrir avec au moins l’équivalent en “brun” sec : feuilles, carton brun, broyat sec. Cette couverture est la clé anti-odeurs et anti-moucherons.
- Mélanger légèrement la couche du dessus avec une poignée de terre du jardin, sans tout brasser : cela inocule en micro-organismes et évite la couche compacte.
- Humidifier seulement si nécessaire : en site abrité, vérifier à la main. Si c’est poussiéreux, arroser un peu. Si c’est luisant et collant, ajouter du brun sec et laisser aérer.
- Éviter dans le trou les gros volumes de déchets très fermentescibles d’un coup (épluchures en sac, restes cuits), ainsi que viande, poisson, produits laitiers et graisses, qui attirent davantage les nuisibles.
- Fermer avec 5 à 10 cm de terre, puis une couverture de paillis (paille, feuilles, broyat) pour stabiliser l’humidité et la température.
- Attendre 2 à 6 mois avant d’utiliser, selon la saison : quand c’est sombre, grumeleux, et que les restes ne sont plus reconnaissables, vous pouvez prélever et l’incorporer en surface ou au pied des plantes.
Oui, un trou peut produire un compost “à vers”, surtout si le site est abrité et bien couvert.
Apports petits et réguliers, toujours recouverts de matière sèche.
Trou large et pas trop profond, humidité type éponge essorée, pour garder de l’air.