Non, il n’est généralement pas nécessaire de « nettoyer » un jardin-forêt en fin d’hiver en fauchant toutes les herbes jaunies. La solution la plus simple et efficace est de laisser la végétation sèche en place, puis de n’intervenir que là où elle gêne vraiment (semis, jeunes plants, accès). Cette matière protège le sol, nourrit la vie souterraine et limite les herbes indésirables au printemps. Si une coupe est utile, faites-la tardivement et de manière ciblée, en laissant la coupe au sol comme paillage.
Pourquoi les herbes jaunies sont utiles dans un jardin-forêt
En fin d’hiver, le sol est souvent humide et encore froid : les herbes sèches forment une couverture qui amortit les écarts de température et réduit l’impact des pluies battantes. Cette « litière » retient l’humidité sans étouffer si elle reste aérée, et elle ralentit la levée des adventicesLes adventices sont des plantes sauvages généralement indésirables qui poussent parmi les cultures. Elles sont souvent qualifiées de mauvaises herbes en agriculture et jardinage. en filtrant la lumière. En se décomposant, elle nourrit les champignons, vers et micro-organismes, essentiels en jardin-forêt où l’on vise un sol vivant plutôt qu’un sol nu. Elle protège aussi les jeunes racines superficielles des fruitiers et arbustes, et limite le tassement si l’on circule. Enfin, elle sert d’abri temporaire à de nombreux auxiliaires : laisser quelques zones tranquilles améliore souvent l’équilibre général du lieu.
Que faire concrètement en fin d’hiver (sans “grand nettoyage”)
- Repérez d’abord les zones où la végétation sèche pose un problème réel : allées impraticables, semis prévus, jeunes plants qui risquent d’être étouffés, collets d’arbustes cachés.
- Choisissez un moment où le sol n’est pas détrempé pour éviter de le tasser en intervenant (une terre qui colle aux chaussures est un bon signal d’attendre).
- Autour des jeunes arbres et arbustes, dégagez le colletPartie basse d'une plante généralement potagère, où se trouvent la racine et la tige, souvent utilisée pour le bouturage ou le greffage. sur 5 à 10 cm de rayon : on évite ainsi l’humidité permanente contre l’écorce, tout en gardant le paillage plus loin.
- Si vous devez faucher, coupez haut (environ 10–15 cm) : cela laisse de l’air, protège la surface du sol et réduit le risque de « feutrage » compact.
- Laissez les herbes coupées sur place, en couche fine et étalée : l’objectif est un paillage aéré, pas un tas épais qui bloque l’air et l’eau.
- Pour des semis ou plantations imminentes, ouvrez simplement des « fenêtres » de sol : écartez la litière, faites le semis, puis remettez une fine couverture autour sans recouvrir les plantules.
- Si certaines zones sont très denses et couchées, aérez plutôt que tout enlever : passez un râteau léger pour décoller et répartir, afin que l’eau et l’air circulent.
- Gardez toujours une zone non fauchée (même petite) : cela maintient des refuges pour auxiliaires et répartit les risques en cas de gel tardif.
- Surveillez au printemps : si la couverture reste trop humide et compacte, éclaircissez localement en étalant davantage, au lieu de retirer.
- En jardin-forêt, l’objectif n’est pas un sol « propre », mais un sol protégé et nourri.
- Laisser la litière en place la plupart du temps.
- Intervenir seulement là où c’est utile, et plutôt en coupe haute et aérée.
- Garder le collet des jeunes ligneux dégagé, tout en paillant autour.