Oui, il est souvent utile de laisser une partie des ronces et du chèvrefeuille autour des sureaux, mais pas en contact direct avec eux. La solution centrale est de conserver une ceinture végétale “filtrante” pour l’eau et le sol, tout en ouvrant une zone claire au pied et dans la ramure du sureau. Cela maintient l’humidité, protège le sol et ralentit le ruissellement, sans étouffer l’arbuste. L’objectif en hydrologie régénérative est de garder de la couverture vivante là où elle aide l’infiltrationDans le domaine de l'hydrologie en permaculture, l'infiltration désigne le processus naturel par lequel l'eau de pluie entre dans le sol. Celle-ci nourrit les plantes et recharge les nappes phréatiques., et d’enlever seulement ce qui crée concurrence et humidité stagnante sur le sureau.
Pourquoi ronces et chèvrefeuille peuvent aider… et quand ils deviennent un problème
Autour d’un sureau, une végétation dense agit comme un “frein” à l’eau : elle casse l’énergie des pluies, ralentit le ruissellement et favorise l’infiltration. Les ronces apportent aussi de la matière organique et un microclimatC'est une zone qui a des conditions climatiques légèrement différentes des environs directes, souvent influencées par le relief, l'orientation ou la végétation locale. Très utile en permaculture pour favoriser la diversité d'espèces. plus frais au sol, ce qui limite l’évaporation en été. En climat tempéré, cette couverture vivante améliore la stabilité hydrique du profil de sol, surtout sur terrain en pente ou compacté. En revanche, si ronces ou chèvrefeuille s’appuient sur le sureau, ils augmentent l’ombre, la concurrence en eau et en nutriments, et peuvent maintenir une humidité trop persistante dans la ramure, ce qui gêne l’aération. Le chèvrefeuille, liane vigoureuse, peut rapidement “habiller” l’arbuste et le déformer en tirant les branches. La règle simple est donc de garder la masse végétale comme protection du sol, mais de préserver une zone ventilée et lumineuse autour du sureau.
Que faire concrètement : débroussaillage “hydrologie régénérative” autour des sureaux
- Repérez d’abord la forme du sureau : tronc(s) principal(aux), base, et extrémités des branches où la lumière arrive.
- Dégagez un anneau clair autour du pied, d’environ 50 cm à 1 m de rayon, pour éviter le contact permanent de végétation sur l’écorce et faciliter l’observation.
- Coupez systématiquement tout ce qui grimpe dans la ramure : tiges de ronces qui s’accrochent, chèvrefeuille qui s’enroule, rejets qui frottent contre les branches.
- Conservez autour, au-delà de l’anneau, une ceinture de ronces en “lisière” si elle ne grimpe pas : elle sert de brise-vent bas, de refuge à auxiliaires et de filtre à eau.
- Si le chèvrefeuille est présent, gardez-le seulement s’il reste au sol ou sur un support séparé du sureau ; sinon, sectionnez-le à la base et retirez-le progressivement de la ramure.
- Travaillez en coupe basse et nette, de préférence par temps sec, pour limiter les déchirures et permettre une repousse plus gérable.
- Laissez les tiges coupées au sol, dans la ceinture extérieure, en paillage grossier orienté dans le sens des courbes de niveau : cela ralentit l’eau et nourrit le sol.
- Si le terrain est en pente, créez une petite “banquette” de résidus végétaux en arc de cercle en amont du sureau, sans coller au tronc, pour capter les fines et l’humidité.
- Surveillez ensuite la reprise : un passage léger tous les 2 à 3 mois en saison de pousse vaut mieux qu’un gros débroussaillage annuel qui relance des rejets plus vigoureux"Vigoureux" fait référence à un arbuste fruitier qui pousse rapidement et robustement, en bonne santé et capable de produire une abondance de fruits de qualité..
- Si le sureau montre des signes de stress (feuilles petites, pousse faible), agrandissez l’anneau clair et ajoutez un paillage plus fin au pied, plutôt que d’ouvrir tout le secteur.
Conservez la couverture vivante, mais empêchez le contact direct avec le sureau.
Ouvrez une zone ventilée au pied et dans la ramure, tout en gardant une lisière “filtrante” plus loin.
Utilisez les coupes comme paillage orienté pour ralentir l’eau et nourrir le sol.