Quand on veut créer une mare, deux options simples s’offrent à nous : acheter un bassin préformé en plastique ou utiliser de l’argile locale. Intuitivement, on pense souvent que le bassin livré est plus polluant à cause du transport. En réalité, ce n’est pas le bon angle.

Le transport d’un bassin de 1000 litres sur 1000 km en camion mutualisé représente environ 1,5 kg de CO2. À l’inverse, un aller-retour de 60 km en voiture essence pour transporter de l’argile émet déjà autour de 13 kg de CO2. Donc sur le transport seul, le bassin est largement avantagé.

Mais ce raisonnement change complètement dès qu’on intègre la fabrication.

Un bassin en polyéthylène pèse environ 19 kg, et la production de ce plastique émet entre 50 et 65 kg de CO2. Cette “dette carbone"Carbone" désigne un élément chimique essentiel dans la composition des êtres vivants. Dans le contexte du sol vivant, il sert à la formation de la matière organique et contribue à la fertilité du sol. initiale” écrase totalement l’avantage du transport. Au final, le bassin livré atteint environ 60 kg de CO2, contre une quinzaine de kilos pour l’argile transportée.

La conclusion est claire : si l’on regarde le bilan complet, l’argile locale est bien meilleure sur le plan carbone.

Mais ce n’est pas toute l’histoire.

Une mare en argile mal réalisée peut fuir, nécessiter des reprises, voire être abandonnée. Dans ce cas, le bilan réel peut se dégrader fortement. À l’inverse, un bassin plastique est immédiatement fonctionnel et durable.

Le vrai choix n’est donc pas seulement carbone, mais aussi technique :
si le sol permet une bonne étanchéité → l’argile est la meilleure option
si le sol est incertain → le bassin devient une solution fiable malgré son coût carbone initial

Ce cas illustre un point important : dans les projets écologiques, la réussite technique compte autant que le matériau utilisé.

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Eric le Permapassionné

Eric est l'auteur du site Permapassion. Il pratique la permaculture comme une relation au lieu et au temps long. Dans son Jardin-Forêt niché au bord d'une rivière en moyenne montagne, il entretient un écosystème nourricier mêlant verger, sol vivant et pratiques low-tech. Sa démarche vise une autonomie progressive — alimentaire, énergétique et matérielle — sans recherche de performance ni de modèle idéal, mais avec une attention constante portée au climat, aux saisons et à la réalité du terrain.

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